Première tasse ☕

Après un générique qui constitue la seule mélodie que vous retiendrez, l’action entame sur une scène en plein Séoul, au milieu d’un carrefour bondé. On y suit Eun-Chan la jeune protagoniste, livreuse de son état, en prise silencieusement avec les autres livreurs pour savoir qui sera le plus rapide (et malheureusement, elle est un peu à la traîne…). La jeune fille parvient enfin à destination, un bain public où elle entre. A mi-chemin entre l’androgyne et le travesti, la pauvre Eun-Chan, qui voulait juste livrer ses nouilles et être payée, se fait repoussée violement aux portes de l’établissement par une bande de vieilles femmes en furie et serviettes, persuadées qu’elles ont affaire à un pervers malgré les protestations de la livreuse.
Après cet épisode d’une violence inouïe (hum hum !), nous voici en première classe à bord d’un avion, où deux personnes –un homme et une jeune femme- jouent à un jeu de carte dont le règlement m’échappent en tout point. Au vue de leur conversation, ils ne se connaissent pas, mais sembler passer un bon moment, jusqu’à la fin d’une partie quand la jeune fille propose qu’ils se revoit à Séoul « pour faire une autre partie », et que l’homme refuse. Pas de chance !

Suivant cet homme, nous voici propulsés dans sa salle de bain (où nous n’avons bien sûr d’yeux que pour la décoration de la pièce…). Alors qu’il sort de son bain nous assistons à une conversation téléphonique entre lui et sa mère, qui se trouve dans une usine de café. Derrière elle a d’ailleurs lieu une dispute entre la grand-mère de ce jeune homme, prénommé Han-Gyul, surement propriétaire des lieux au vue de son appellation de présidente, et d’un homme qui aurait détruit leur amitié pour une femme et qui en appelle à son bon cœur pour régler un problème. Quand sa mère lui demande de venir calmer sa grand-mère énervée, celui-ci proteste qu’il vient de commander à manger… Ce qui nous ramène à notre jeune livreuse qui débarque au pied d’un immeuble chic avec son tas de ferraille. A l’étage, il est désormais question d’un certain Han-Sung, qui aurait nettoyé l’appartement pour Han-Gyul en son absence et qui n’habiterait pas très loin. A cette annonce, le regard de Ha-Gyul se fixe sur une photo où, assis sur un canapé, l’on peut voir trois personnes : lui, une femme et un homme, surement le fameux Han-Sung. Eun-Chan en profite pendant ce temps pour grimper les étages et mettre un terme à cette conversation en frappant à la porte. Elle entre et, alors qu’elle dépose la commande sur la table, son attention dévie quelques peu sur le maître des lieux, occupé à se sécher qui finit par remarquer son regard baladeur. La jeune fille sort, sous le choc de ne voir que des gens nus à tour de bras et en oublie son argent.

Nouveau décor, nouveau métier : Eun-Chan n’est pas seulement livreuse, elle est aussi maître de Taekwondon ! Après un coup de pied retourné qui suffirait à m’envoyer pour trois mois à l’hôpital, elle tente de capter l’attention de ses élèves, une bande d’enfants de maternelle dissipée, quand un homme entre pour lui signaler, hum, une « urgence ». Et voilà notre pauvre héroïne contrainte de déboucher des toilettes (d’ailleurs, je découvre qu’en Corée aussi, les gens vont majoritairement dans des toilettes publiques comme en Chine, c’est drôle) pendant que l’homme se tourne les pouces en mangeant une glace et en se plaignant qu’à son âge, c’est pas une vie de déboucher des toilettes voyons (quelle chochotte) ! Alors qu’une fois finit, ils discutent de la vente du Dojang où elle est maître, ils repèrent une femme marchant dans la rue : la mère de Eun-Chan, que cette dernière poursuit car elle vient apparemment de s’acheter de nouvelles chaussures. Rapide comme l’éclair, la vieille parvient à s’échapper. De toute manière, pas de répit pour Eun-Chan qui reçoit un coup de téléphone de la part d’une fille lui parlant comme à son petit-ami, et auprès de qui Eun-Chan se plaint du nouvel achat de sa mère. L’interlocutrice déclare qu’elle se fait coller par une racaille, « un vrai loser » et Eun-Chan se décide à lui venir en aide.

Sur ce, elle se rend à un endroit assez délavé et abandonné, où l’on fait la connaissance de l’interlocutrice, Eun-Sae, la sœur d’Eun-Chan qui utilise l’apparence masculine de son aînée pour éloigner les garçons trop entreprenants en passant pour un couple. Alors qu’Eun-Chan écoute la conversation d’Eun-Sae et de son prétendant en riant, le parton de l’établissement, Monsieur Hong –aussi mal entretenu que les lieux- leur apporte des cafés, fatiguée qu’ils ne commandent pas. Le prétendant qui a le sang chaud et commence à s’irriter qu’Eun-Sae et qu’Eun-Chan sortent ensemble, défie cette dernière : une commande de 11 jajangmyeons est passée pour le café, le Café des Princes (Hum, l’établissement porte mal son nom, dites donc) et le challenge est lancé. Le premier des deux à avoir fini 5 jajangmyeons d’affilé remporte la partie, vomir disqualifiant direct le candidat. Après une scène assez… Immonde il faut le dire (où le mélange entre autre le jajangmyeons à une sorte d’Actimel à la fraise), Eun-Chan remporte le défi.

De son côté, Han-Gyul, qui a diné chez sa famille, est en froid avec son père qui refuse de lui adresser la parole. Au salon, l’irascible grand-mère complote pour mieux contrôler son petit-fils, qui refuse de reprendre l’entreprise familiale. La mère Han-Gyul arrive et les deux femmes commencent à discuter : on apprend que le froid entre le père et le fils dure depuis un moment, sans qu’aucun des deux ne sachent –officiellement- pourquoi, puis que la vieille femme est atteinte d’un cancer, information à cacher de son petit-fils. Quand ce dernier arrive, s’ensuit une dispute au sujet de son avenir au cours de laquelle nous découvrons que le pouvoir de séduction de han-Gyul s’applique aussi à sa grand-mère sur, malgré ses cris, cela marche bien. Les deux en viennent ensuite au sujet d’un ami américain de Han-Gyul, que les deux suspectent d’être son amant avant d’aborder la question du mariage. A bientôt 30 ans, sa famille est scandalisée qu’il soit toujours célibataire et pour calmer le jeu, il propose qu’elles lui organisent des rendez-vous arrangés.

Eun-Chan rentre chez elle de son côté, où sa mère travaille à décortiquer des marrons (assez lentement, apparemment) et où elle aborde la question des chaussures. Ses deux filles lui reprochent de gaspiller leur argent en futilités quand le téléphone sonne et qu’un(e) Dong-Sook ne lui demande de lui rendre la bague qu’il/elle lui aurait prêté(e). Panique à bord : la bague à disparut et les trois femmes se mettent à sa recherche, renversant la maison sans dessus dessous et le quartier avec, sans résultat.

Le lendemain, nous effectuons la connaissance d’un jeune cycliste et de son chien, un monstre poilu gigantesque, sorti pour sa promenade. Rentré à la maison, il découvre un bagel avec un dessin de fleur comme seule carte dans sa boite aux lettres. Il attrape son courrier et une fois à l’intérieur, envoie valser le paquet sur un tas d’autres bagels accompagnés eux aussi d’une carte-fleur. Ensuite, depuis la terrasse de sa chambre, il se remémore une scène de jeu avec une femme (surement celle qui lui poste avec autant de ferveur toute cette nourriture et ces fleurs en papier).

Nous la retrouvons justement chez elle, peignant, au téléphone avez Han-Gyul qui fait son jogging et lui propose de sortir, puisqu’il est de retour à Séoul. Les deux se donnent rendez-vous et les voilà, marchant et discutant le soir dans les rues. L’artiste, Yoo-Joo, vivait à New-York avec son ancien petit-ami, appelé DK mais est revenue. L’on apprend dans la foulée qu’elle sortait auparavant avec le fameux Han-Sung, qui apparait être de la famille de Han-Gyul, mais surtout que notre ami est aussi amoureux d’elle (ah, la dure vie de jolie fille…). Ils rentrent en voiture chez Han-Gyul, où il lui propose de monter prendre un verre, invitation que Yoo-Joo décline, avant d’aller chercher à son appartement un souvenir qu’il lui a rapporté. De son côté, Eun-Chan, de retour en livreuse, rumine : son patron refuse de la payer en avance et elle ne peut donc pas rembourser la bague de sa mère.

A ce moment précis, un voyou à scooter lance un défi à Eun-Chan qui s’emballe et tente de le rattraper. Il tourne (quel hasard !) dans la rue où se trouve justement la belle Yoo-Joo, qui attend son ami… Et lui fauche son sac à main. Eun-Chan le rejoint et l’arrête, quand elle réalise que le voleur n’est autre que le prétendant de sa sœur, qui cherche à réunir des fonds pour payer des cours de chant à son « angel ». Gênée d’attirer des problèmes au petit-ami potentiel d’Eun-Sae, elle feint de se battre et de perdre pour qu’il puisse s’enfuir, laissant le sac à main sur place. Malheureusement, leur mascarade est repérée, mais surtout mal interprétée par Han-Gyul qui les prend pour un duo de malfaiteurs organisés. Il sermonne Eun-Chan, qui reconnait (à son entrejambe…) l’homme pour qui elle avait effectué une livraison le jour-même. Ils finissent pas repartirent, abandonnant Eun-Chan près de son tas de ferrailles qui a terriblement souffert dans la course-poursuite et qui ne tient plus debout. Dépitée et énervée, elle rentre à son travail, où son patron lui passe un savon et la licencie sur le champ, lui laissant sur les bras le scooter handicapé.

Au matin, notre jeune livreuse enfourche sa bicyclette et part effectuer ses livraisons de lait, qui l’emmène jusqu’à la maison de ce fameux Han-Sung, l’ex-compagnon de Yoo-Joo qui prend son petit-déjeuner dans le jardin en compagnie de son énorme boule de poil. Depuis l’autre côté du portail, Eun-Chan discute et joue quelques minutes avec le chien, qu’elle semble avoir rebaptisé « Swiffer » (nom amplement mérité) avant de repartir. Han-Sung rigole et caresse son chien, lui demandant s’il s’agit de sa petite amie.

Rentrée à la maison, alors que sa sœur Eun-Sae prépare le riz, cette dernière est harcelée au téléphone à propos de la bague disparue. Les deux sœurs parlent argent et se disputent au sujet de l’incident du soir précédent quand le téléphone résonne : le proprio augmente le prix de leur caution (comme quoi, un malheur n’arrive jamais seul) et les deux sœurs entament leur déjeuné, le moral dans les chaussettes. Maman revient à la maison, les bras chargés de marrons et s’apitoyant sur son sort. Eun-Chan sort et se précipite chez Monsieur Gu, le boucher, pour lui demander de les aider : résultat, il feint de ne pas entendre sa supplique et l’envoie sur les roses. Radin.

On enchaîne avec l’ami Han-Sung, le « papa de Swiffer », qui travaille dans l’industrie musicale et qui reçoit la visite surprise à son studio d’enregistrement de Yoo-Joo. Une conversation gênée et difficile s’engage, Han-Sung ne se montrant pas très coopératif. Après lui avoir exprimé le fond de sa pensée (elle part et revient sans prévenir, et bien qu’elle aille se faire cuire un œuf et qu’elle le laisse tranquille. Enfin bref), il est pris d’un violent accès de rage, se manifestant par la projection de sa canette sur un mur (scène interdit aux -16 ans) et abandonne son ancienne conquête sur le trottoir.

Au Café des Princes, Eun-Chan écume les petites annonces sans succès alors que Monsieur Hong lui prépare des tartines. Alors que la jeune fille réfléchit aux différentes manières d’obtenir de l’argent, l’homme lui confie ses économies et conseille d’appeler Han-Gyul pour une récompense. Le téléphone d’Eun-Chan sonne et reçoit une demande de remplacement en tant que serveuse pour la soirée dans un bar à vin.A la nuit tombée, alors que Han-Gyul et Han-Sung prennent un verre au fameux bar à vin, Eun-Chan se voit contrainte de se vêtir en fille, donnant lieu à une scène assez comique. A la fin de la soirée, Han-Sung met son cousin dans un taxi et attend sa propre voiture quand notre héroïne sort les poubelles et le reconnait. Ils font connaissance et, après que le véritable nom du chien soit révélé –Terry-, Eun-Chan lui demande quel est le plus important entre l’argent et la fierté, en référence à sa discussion avec Monsieur Hong au Café des Princes : devrait-elle garder sa fierté ou la sacrifier en appelant Choi Han-Gyul pour lui demander son aide financière. Rappelée à l’ordre par un collègue, elle prend congé et la conversation s’arrête.

[La prochaine séquence était constituée de scènes très courtes et entremélant les soirées d4eun-Chan et de Han-Gyul, ça fait un peu tarte tatin quand on l'écrit]
Au même moment, dans une boite de nuit, Han-Gyul célèbre son retour avec quelques amis quand une fille à qui il manque manifestement quelques points de Q.I. se précipite sur lui. Elle lui défend de se rendre aux rendez-vous arrangés, puis le supplie de prendre un shot avec elle. Dans la rue, Eun-Chan continue de se torturer : Fierté ou argent, lequel choisir ? Mis dans un taxi avec la fille hystérique, un Han-Gyul dans le cirage ignore que la jeune femme prépare un plan machiavélique à son encontre. EunChan, qui est montée dans un bus, tient ses comptes et se désespère des 8 millions de Wons (environ 5 600€) que sa famille doit. Les deux alcolos ont regagnés un hôtel et la fille hystérique a couché et bordé notre petit Han-Gyul, toujours dans les vapes (il ne tient vraiment pas l’alcool, ce mec). Dans son lit de retour à la maison, Eun-Chan se défonce la santé en ruminant sur son éternel dilemme. Après une nui de tortures, elle parvient à la conclusion suivante « la fierté ne nous nourrira pas mais l’argent si. » Ainsi parle le sage.

Décrochant son téléphone, elle réveille Han-Gyul qui lui demande de le rejoindre à l’hôtel. La fille hystérique est réveillée et tente de faire du chantage au jeune homme, qui ne se laisse pas prendre au piège et la remet à sa place. Notre livreuse parvient alors à l’hôtel, où Han-Gyul prend son petit-déjeuner après sa douche. Il la reçoit alors que la folle est sous la douche, et la conversation s’envenime rapidement, Eun-Chan étant prise pour une voleuse –ou plus exactement « un »-. Ils en viennent aux mains après une réflexion faite sur les parents d’Eun-Chan, tombent au sol dans une position légèrement ambigüe et, attirée par les cris, l’hystérique sort de la douche et se met à hurler, croyant que son grand amûûûûr est… gay. Scandalisée par l’insulte à l’encontre de ses parents, Eun-Chan exige des excuses alors que l’autre femme hurle au sujet de sa « découverte ». Ulcéré, Han-Gyul pète un câble et les chasse de sa chambre, les deux furies s’accrochant comme la peste et tambourinant à sa porte comme des malades. Sur ce, le téléphone du jeune homme sonne et sa mère lui annonce que la liste de ses rendez-vous arrangés est fixée à 6. La mort dans l’âme, il se rend au café de l’hôtel pour rencontrer ses prétendantes, Eun-Chan sur ses baskets qui refuse de le lâcher tant qu’elle n’aura pas d’excuses.

Toutes les femmes s’avèrent être des cas : ennuyé et fatigué, il se rend aux toilettes où Eun-Chan n’hésite pas à l’y suivre pour exiger encore des excuses. Han-Gyul soupire et décrète que lui et toutes les femmes qu’il a rencontré aujourd’hui sont des cas, à quoi Eun-Chan répond qu’il est étrange car elles lui semblaient toutes belles et lui demande s’il est réellement gay. Estomaqué, il ne sait quoi répondre tant il trouve l’idée saugrenu quand soudain, il détaille la jeune fille de la tête au pied et lui pose LA question : « Tu veux être mon petit-ami ? »
